réalité ou illusions perdues ?

15 juillet 2012

Des changements irréversibles de la biosphère terrestre avant 2100

Des chercheurs prédisent un changement planétaire grave dans moins d’un siècle

Posté par Edouard Troesch • 13 juillet 2012

Plusieurs sites font écho de l'article Approaching a state shift in Earth’s biosphere paru dans la revue Nature.

La Nutrition

Un groupe de 22 chercheurs internationaux a publié un article dans la très prestigieuse revue scientifique Nature. Ils y expliquent que des changements massifs graves et irréversibles touchant l'environnement et les espèces vivantes pourraient avoir lieu d'ici 2100 à cause de nos comportements irresponsables. Explications.

Les chercheurs ont d'abord observé les mécanismes de changement global de la biosphère : l'évolution de la population humaine, la consommation de ressources naturelles, la transformation de l'habitat, la production et la consommation d'énergie et les changements climatiques. Puis ils ont comparé les données avec celles qui ont donné lieu aux dernières transitions importantes dans l'évolution de la Terre, la dernière en date étant la transition glaciaire-interglaciaire il y a 10000 à 15000 ans et la plus connue étant la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d'années.

L'homme utilise maintenant environ 40% des ressources naturelles pour lui seul dans le but de produire de l'énergie et de l'alimentation, l'utilisation des énergies fossiles a augmenté le niveau de CO² dans l'atmosphère de 35% en quelques années, les océans deviennent de plus en plus acides et les polluants chimiques perturbent les écosystèmes. Ces changements seraient déjà visible avec une diminution de 40% de la biodiversité à cause des comportements humains.

Le problème c'est que tous les modèles scientifiques actuels prédisent une aggravation de la situation en raison d'un accroissement massif de la population humaine, puisant toujours plus dans les ressources naturelles. D'ici 2050 la population mondiale sera de 9,5 milliards d'habitants. Si le niveau de fertilité actuelle est maintenu nous serons 27 milliards en 2100 si aucun contrôle des naissances n'est effectué comme l'ont fait par exemple les Chinois avec la "politique de l'enfant unique". De plus, les changements climatiques actuels sont particulièrement rapides. Pour les chercheurs ils sont déjà plus importants que tous ceux connus lors de la transition entre la période glaciaire et la période interglaciaire actuelle.

Toujours selon ce groupe d'étude l'utilisation des ressources naturelles du globe dépassera bientôt 50 à 60% et marquera une transition globale sans retour en arrière possible (la barrière des 50% sera franchise en 2025). Une telle transition pourrait mener à la disparition de l'humanité dans quelques dizaines d'années. Actuellement les chercheurs ne sont pas en mesure de savoir si cette transition peut être arrêtée mais pensent que si c'est le cas, cela passera par un contrôle de la population, une meilleure gestion de notre énergie et un plus grand respect de l'environnement. Ces solutions avaient déjà été proposées par d'autres équipes il y a quelques années. Pour certains spécialistes, nous vivons déjà dans une nouvelle époque géologique.

Maxisciences

Un article de la revue Nature intitulé "Approaching a state-shift in Earth’s biosphere" a fait l'effet d'une petite bombe dans la communauté scientifique en prédisant une fin imminente à notre planète. Cette fatalité aurait lieu d'ici l'année 2100 et serait due à l'emballement des changements radicaux des écosystèmes et du climat de la Terre.

Une étude de la Simon Fraser University (SFU) de Vancouver publiée dans la revue Nature montrerait qu'un effondrement total de la planète se produirait d'ici la fin du siècle. L'étude, menée par 18 scientifiques, soulève plusieurs points inquiétants : la dégradation générale de la nature et des écosystèmes, les fluctuations climatiques de plus en plus extrêmes et le changement radical du bilan énergétique global. Ces modifications finiraient par arriver à un point de non-retour, c'est-à-dire qu'elles deviendraient irréversibles.

Arne Moers, qui a dirigé la recherche, rappelle : "Le dernier point de basculement dans l’histoire de la Terre est apparu il y a 12.000 ans. C'est à l'époque où la planète est passée de la phase glaciale à celle actuelle, appelée inter glaciale. A ce moment, des changements biologiques les plus extrêmes menant à notre état actuel sont apparus en seulement 1.000 ans. C’est comme passer de l’état de bébé à l’âge adulte en moins d’une année. Et la planète est en train de changer encore plus vite aujourd'hui". Or, un système ne peut pas passer d’un état à l’autre sans épuisement. Pour le chercheur : "La planète ne possède pas la mémoire de son état précédent.[...] Le prochain changement pourrait être extrêmement destructeur pour la planète. Une fois que le seuil critique sera dépassé, il n’y aura plus de possibilité de revenir en arrière". Ce "seuil critique" serait l'utilisation de 50% des ressources terrestres, alors que 43% ont déjà été exploitées.

La publication de l'équipe de la FSU a été commentée et critiquée par de nombreux chercheurs. Parmi eux, Aaron Ellison, experte des dynamiques liées à la biodiversité et aux changements climatiques de l'Université de Harvard dénonce la banalité de l'étude : "On sait déjà très bien que les choses changent très vite et qu’il faut comprendre ce qu’il va se passer, considéré l’urgence de la situation". Pour Brad Cardinal, de l’Université du Michigan, cette recherche est suggestive, mais pas définitive : "Seul le temps nous donnera la réponse. Ce n’est pas la première fois qu’une étude du genre est publiée". Pourtant, l'étude se distingue de celles réalisées jusqu'alors par l'originalité des méthodes employées. La diversité des sources, notamment, conduisent à prendre très au sérieux ce nouvel avertissement. En effet, des théories scientifiques, des modélisations d'écosystèmes et des preuves paléontologiques ont, pour la première fois, converger à montrer la destruction imminente de notre planète.

"Les hommes n'ont rien fait de réellement d'important pour éviter le pire"

Dans tous les cas, ce qui semble évident pour tous les experts du domaine est l'urgence d’effectuer une vraie révolution dans le style de vie de l’humanité. Cette révolution impliquerait une augmentation du développement durable, des énergies alternatives et une meilleure gestion de l’écosystème. Les 18 scientifiques ayant réalisé l'étude proposent aux gouvernements d'entreprendre quatre actions immédiates :

- diminuer radicalement la pression démographique;

- concentrer les populations sur les zones enregistrant déjà de fortes densités afin de laisser les autres territoires tenter de retrouver des équilibres naturels;

- ajuster les niveaux de vie des plus riches sur ceux des plus pauvres;

- développer de nouvelles technologie permettant de produire et de distribuer de nouvelles ressources alimentaires sans consommer davantage de territoires et d'espèces sauvages.

D'après le directeur de l'étude, jusqu'à maintenant : "les hommes n'ont rien fait de réellement d'important pour éviter le pire car les structures sociales existantes ne sont juste pas les bonnes. C’est comme si on refusait d’y penser. Nous ne sommes pas prêts. Mes collègues ne sont pas juste inquiets. Ils sont terrifiés".

Is Humanity Pushing Earth Past a Tipping Point ?

Predicting a state shift in the biosphere, and communicating it

Evidence of Impending Tipping Point for Earth

 

Approaching a state shift in Earth’s biosphere : document pdf en anglais


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