réalité ou illusions perdues ?

01 décembre 2011

Notre Poison quotidien

Notre Poison quotidien

Un film de Marie-Monique Robin (2010) - Arte

Comment l'industrie chimique empoisonne notre assiette.

Peut-on établir un lien entre la contamination de la chaîne alimentaire par des substances chimiques et l’épidémie de maladies chroniques que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) constate un peu partout dans le monde ?

Notre poison quotidien est un documentaire d’investigation qui tente de répondre à cette question et dresse le bilan d’études longtemps ignorées : l’épidémie actuelle de cancers, maladies neurologiques et dysfonctionnements

du système immunitaire, est en grande partie liée à l’exposition des quelques 100 000 molécules chimiques qui

ont envahi notre alimentation et notre environnement. 

Une enquête qui met en évidence la réalité de ces effets, mais également l’opacité et le mensonge de l’industrie agro-alimentaire et des décideurs politiques.

 

Du poison dans nos assiettes ?

Selon de nombreux experts en environnement, les mesures concernant les produits chimiques contenus dans les aliments ne sont pas fiables. Fotolia

par la rédaction du DL le 04/03/2011 à 05:44

Arrosés de pesticides, fongicides, insecticides, bourrés de colorants et d’édulcorants, nos aliments sont à l’origine de nombre de maladies chroniques, souligne l’enquête minutieuse et didactique de Marie-Monique Robin, diffusée le 15 mars sur Arte.

“Notre poison quotidien, comment l’industrie chimique empoisonne notre assiette”, raconte celle qui avait raflé de nombreux prix avec “Le monde selon Monsanto”, diffusé en 2008. Le film commence sur un documentaire de 1964, où un père se plaint du pain aux monostéarates, des colorants dans le vin, des insecticides dans les pommes, de la viande élevée aux antibiotiques…

”J’ai repris l’enquête”, dit-elle, pour étudier, près de 50 ans après ce constat, où en est-on : réglementation, liens entre maladies et produits chimiques, insuffisances des instances de contrôle et de surveillance…

Les premiers à souffrir des effets de ce que l’on appelle élégamment les produits phytosanitaires sont bien sûr les agriculteurs. “Chaque année, selon l’OMS, 1 à 3 millions sont victimes d’intoxication aiguës, plus de 200 000 en meurent”, dit la journaliste. La France est le premier utilisateur européen de pesticides. Chez les agriculteurs, certains cancers, ainsi que la maladie de Parkinson, sont plus fréquents, selon un médecin. Mais la majorité des études expérimentales qui pourraient établir un lien entre pesticides et cancer, réalisées par les firmes, ne sont pas publiées. ”Il n’y a pas de preuve de corrélation”, affirme l’industrie.

Qu’ils le veuillent ou non, les simples citoyens mettent aussi leur santé en danger en mangeant fruits, légumes, céréales et viandes issus de l’agriculture “moderne”. Ce ne sont que des petites quantités, mais à la longue et en s’ajoutant les unes aux autres, ne peuvent-elles avoir un effet ? La dose journalière admissible définit le niveau de produits chimiques que l’on peut absorber sans risque, tandis que la LMR est la limite maximale de résidus qui peut se trouver dans un aliment. Mais ces mesures sont-elles fiables ? Non, disent des experts en environnement, oui, disent des autorités sanitaires.

”Le système de réglementation des produits chimiques doit être repensé de fond en comble”, estime la journaliste. À moins de copier le mode de vie de l’état de l’Orisha, en Inde, où l’on ne mange ni aliments transformés ni viande rouge, où l’on consomme ce que l’on produit et où les cancers sont quasi inexistants.

Notre Poison quotidien - 02h40min00s

 


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